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Posté le 08/03/2022

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La diffusion du documentaire de Thierry Guedj « La vie rêvée de Nougaro » annoncée pour le vendredi 4 mars a été reportée par la chaîne de télévision France 3, qui garde la maîtrise des horloges et des calendriers, au jeudi 7 avril. 

Une petite consolation : la station de radio France Culture a eu l’excellente idée de rediffuser une série d’entretiens de Claude avec le producteur Emile Noël (qui semble bien connaître le parcours de Claude car il lui pose des questions pertinentes). Ces émissions (quatre fois trente minutes au total) ont été réalisées en septembre 1970 et sont illustrées en tout d’une quinzaine de chansons de Claude, empruntées pour la plupart au premier album « live » paru  l’année précédente: « Une soirée avec Claude Nougaro » enregistré à l’Olympia et permettant d’entendre notamment de superbes interventions de l’organiste Eddy Louiss.

Dans la première émission, Claude revient sur son enfance à Toulouse, son adolescence difficile (il se décrit comme « charbonneux agressif et révolté ») et ses débuts comme journaliste puis parolier.

Il définit ses chansons comme des tableaux sonores : « Je peins sur du rythme » et cite les poètes qui l’ont inspiré : Hugo, Rimbaud, Cocteau et Audiberti.

Il reconnaît qu’il n’a pas poursuivi de brillantes études : « Je n’ai pas terminé mes études mais mes études m’ont terminé ».

Dans le deuxième volet, Claude évoque ses débuts au Lapin Agile :

« Comme tout raté qui se respecte, je commence à écrire des poèmes et à les dire dans des cabarets ».

Deux rencontres ont été essentielles pour Claude à cette époque, d’abord celle de Jacques Audiberti qui représente le poète : 

« Le poète est le héros, c'est-à-dire celui qui est en communication avec le ciel. »

Ensuite celle de Michel Legrand qui lui avait écrit quelques musiques pour des chansons interprétées par d’autres qui n’ont pas connu un grand succès, pas plus que les deux chansons du Grand Michel qui figurent sur le premier album de Claude paru en 1959 chez Président : Vachement décontracté et Tiens toi bien à mon cœur.

Mais en 1962, grâce à Michel Legrand, Claude a enfin connu une énorme popularité, en pleine période « yéyé », notamment auprès d’un public féminin :

« La femme est la locomatrice de la chanson. »

Mais bientôt Claude prendra du recul par rapport au show-business. Il situe cette évolution en 1965, date de la mort d’Audiberti.

Interrogé sur les thèmes essentiels de ses chansons, Claude répond :

« L’amour à travers la femme et à travers Dieu. La femme est d’essence divine. »

Une chanson essentielle de cette période est Paris Mai mais Claude tient à mettre les choses au point :  « C’est une chanson apolitique. C’est un chant désespéré également. C’est une chanson de l’angoisse de l’homme dans notre temps. »

La séquence s’achève par la diffusion de Quatre boules de cuir, prétexte pour interroger Claude sur ses rapports avec la violence. Claude prononce alors une phrase qui prend une résonance terrible dans le contexte actuel : 

« On ne peut lutter contre la violence qu’avec la violence mais il s’agit de trouver des armes… »

 Dans la troisième émission, Claude évoque sa timidité par rapport aux femmes :

« J’étais d’une timidité vis-à-vis des femmes qui était absolument anormale. Je ne pouvais pas les approcher, je tremblais. »

Il revient sur les thèmes de ses premières chansons et reconnaît : 

« Je dois m’empêcher souvent dans mes textes d’employer trop facilement le mot Dieu ou le mot saint qui sont obsessionnels en moi. » ou encore « Je ne suis pas du tout un intellectuel. Je ne résonne, ne retentis qu’à partir de sensations. »

Claude admet qu’il ne mène pas « une carrière florissante » et que les gens qui l’aiment n’achètent pas systématiquement ses disques. 

Mais son objectif est ailleurs : « Ce qui m’intéresse surtout, c’est de sortir de moi ce qui y est enfermé, c’est ne plus être mon propre détenu. »

Claude définit également comment il conçoit la musique de jazz :

« C’est une musique cosmique, elle est détenue par l’Être lui-même. C’est une musique qui a le ventre sur la terre et le ciel dans le dos, qui creuse la terre pour trouver du ciel. »

Dans le quatrième et dernier entretien, Claude explique ce qu’il a retenu de la lecture d’Audiberti :

« Je dois me battre pour la beauté de la vie et la beauté de l’amour. »

Il explique aussi que pour l’instant, il n’a pas recours aux technologies modernes pour créer ses oeuvres :

« Les instruments essentiels, c’est encore le vocabulaire et le tambour. »

Interrogé sur le free jazz, Claude essaie de définir comment il le ressent :

« C’est une musique de violence et de destruction où le musicien noir secoue les chaînes de la musique occidentale pour retourner réellement à son chant le plus lointain, le plus originel. »

Claude exprime son amour pour les deux filles qu’il avait alors, sa pudeur l’empêche de  parler de fibre paternelle mais il  reconnaît qu’il se sent responsable d’elles tout en ressentant surtout de l’anxiété, peut être parce qu’il a lui-même « peur de vivre dans le monde actuel. »

Là encore j’ai relevé une phrase qui conserve hélas toute sa portée en 2022 :

« A travers les déchirements actuels, les poussées de l’espèce, du nombre, sans qu’il n’y ait plus aucune architecture morale pour soutenir le tout, j’en suis un peu alerté. »

J’espère que ces quelques citations vous auront donné envie d’écouter le reste.

Voici les liens pour le faire :

️🎧 Profils - Claude Nougaro 1/4 (1ère diffusion : 07/09/1970) - Les Nuits de France Culture - Podcast (podinstall.com)

Profils - Claude Nougaro 2/4 (1ère diffusion : 14/09/1970) (franceculture.fr)

Profils - Claude Nougaro 3/4 (1ère diffusion : 21/09/1970) (franceculture.fr)

️🎧 Profils - Claude Nougaro 4/4 (1ère diffusion : 28/09/1970) - Les Nuits de France Culture - Podcast (podinstall.com)

Personnellement, j’ai été frappé, en découvrant ces émissions, de constater que Claude a toujours été en quête de spiritualité et d’absolu.

C’est pourquoi je pense que ces entretiens radiophoniques peuvent nous préparer à un grand événement qui aura le mardi 14 juin prochain dans le cadre prestigieux du Collège des Bernardins à Paris.

Il s’agit d’une rencontre exceptionnelle intitulée « Souffleurs de vers : Claude Nougaro. » Le titre est particulièrement judicieux car il s’agira d’évoquer la longue amitié qui a uni Claude qui a toujours été en quête de spiritualité (nous venons encore de le voir) et le maître verrier Henri Guérin.

Après une introduction musicale assurée par notre amie Isabelle Vajra, notre Présidente Hélène, Sophie Guérin Gasc, fille de Henri et fondatrice de l’Association Henri Guérin et, last but not least, notre ami Jacques Bonnadier, journaliste marseillais qui a entretenu des liens amicaux avec Claude, décriront les destins croisés de Claude et Henri et liront des extraits de leur correspondance qui s’est poursuivie pendant vingt-cinq ans.

Cette rencontre sera animée par notre amie Annick Steta, membre du Comité de Rédaction de la Revue des Deux Mondes

Si cet événement vous intéresse, ne tardez pas à vous inscrire car le nombre de places est limité.

L’inscription vous coûtera 6 € (3 € si vous avez moins de 30 ans) mais cela en vaut la peine et ce sera peut-être l’occasion de nous retrouver.

Voici un lien pour vous renseigner et vous inscrire si vous le souhaitez.

https://www.collegedesbernardins.fr/content/souffleurs-de-vers-claude-nougaro

Le lendemain, mercredi 15 juin, Théa, fille de Claude et auteur(e) du très émouvant J’entends encore l’écho de la voix de papa paru en 2014 chez Flammarion, animera un après-midi autour des chansons de son père. Cette rencontre est plus spécifiquement destinée à un jeune public.

Théa est particulièrement qualifiée pour s’adresser à cette jeune génération puisqu’elle est aussi à l’origine de la sortie du livre-CD Claude Nougaro, enchanté ! (paru en 2019 aux Editions des Braques) comportant 12 chansons de Claude superbement illustrées par différents dessinateurs.

Pour l’instant, il ne semble pas encore possible de s’inscrire à cet événement mais je ne manquerai pas de vous informer dès que cela changera.

En souhaitant que nous puissions malgré tout conserver notre espérance en l’homme, je vous adresse toutes mes amitiés.

Raymond Lernould

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ACTUALITES

Posté le 04/03/2026

« Ma voix vous montre la voie

La Voie lactée, la voie clarté

Où les pas ne pèsent pas

Dansez sur moi… »  

(Dansez sur moi, musique de Neal Hefti – Girl Talk – 1973, album « Locomotive d’or »)

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Posté le 04/02/2026

Message de Raymond Lernould - Février 2026

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Posté le 03/02/2026

Concert hommage à Claude Nougaro :
Nougaro "Intime(s) Convictions"
 
LES TROIS MAILLETZ - Paris 5e
Mardi 31 mars 2026 - 20h30
56 rue Galande - 75005 Paris
Diner-spectacle : 45€ 
Réservation conseillée : 06 75 68 46 92

Chant : Eddy Maucourt

Piano : Dominique Fauchard

Percussions : A Anthony Debray

Saxophone et accordéon : Dominique Vernhes

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Posté le 18/01/2026

Samedi 7 février à 20 h

Jacques RAULET rend hommage à Claude avec Nougaro… ses démons et ses anges

20-221 Bois Baudry   77510 La Trétoire (Seine-et-Marne)

Entrée libre   Réservation impérative au 06 73 65 14 25

Il s’agit d’un « Concert à la maison », chacun apportant quelques victuailles pour l’après-spectacle

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Posté le 18/01/2026

Jacques Raulet rend hommage à Claude avec NOUGARO....ses démons et ses anges en compagnie du guitariste Théo Farand
Le dimanche 8 février à 18 heures, à La Roue Libre, 80 boulevard Richard Lenoir  75011 Paris
Métro : Saint Ambroise ou Richard Lenoir
Réservation : 06 58 25 76 53 / jacques_raulet@orange.fr

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Posté le 16/01/2026

Samedi 7 février à 20 h

Jacques RAULET rend hommage à Claude avec Nougaro… ses démons et ses anges

20-221 Bois Baudry   77510 La Trétoire (Seine-et-Marne)

Entrée libre   Réservation impérative au 06 73 65 14 25

Il s’agit d’un « Concert à la maison », chacun apportant quelques victuailles pour l’après-spectacle

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Posté le 09/01/2026

« Armstrong, la vie, quelle histoire !

C’est pas très marrant

Qu’on l’écrive blanc sur noir

Ou bien noir sur blanc,

On voit surtout du rouge, du rouge

Sang, sang, sans trêve ni repos

Qu’on soit, ma foi,

Noir ou blanc de peau » (Armstrong, 1965)

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